lundi 31 décembre 2007

LA BELLE ET LA BETE... OU LE RESPECT DE LA VIE

En hommage à un squale magnifique
Dont l'épopée nautique
Prit fin subitement
Il y aura bientôt deux ans
A Sainte-Rose-du-Nord,
Chez moi, au Saguenay.

La Belle avait grande et fière allure.
Son sourire éclatait au diapason
Du grand bonheur qu'elle ressentait.
Son heure de gloire, elle la tenait!
Trois cent tours de manivelle,
Au beau milieu du Saguenay!
Et la Bête démentielle
Avait enfin succombé!

Arrivé depuis quelques marées
Du pays d'Eric le Rouge,
Le Monstre énormissime
S'était laissé sortir de l'abîme.
Défaite sans clameur
Car jamais ne put-il protester...
Nos frères des profondeurs,
C'est connu largement,
S'expriment différemment.

Ceux du Quotidien
Et ceux de la télé
Accoururent les premiers.
Ils furent unanimes:
On venait d'assister
A Sainte-Rose,
A la Descente-des-Femmes,
Chez nous , au Saguenay,
Incontestablement,
A un grand exploit!

Quelqu'une,
Pour le plaisir,
Avait tué.
Tué pour le plaisir
De passer le temps,
Le temps...
Que l'hiver passe!
Elle avait tué
Pour tuer.

Lointaine descendante
De la femme du premier homme,
En solitaire elle avait occis
Un touriste maritime,
Adepte des profondeurs arctiques,
Dont le tort irréparable
Avait été de naître requin,
Groenlandais,
Voyageur
Et affamé.

Ceux du Quotidien
De La Presse et de la Télé,
A peine arrivés,
Refilèrent la nouvelle prestement
A leurs semblables
Des cinq continents
Qui dînent de ces grandes tragédies
Et vivent de la mort d'autrui.

Les biologistes furent consultés
Et ne se laissèrent point prier.
Le Monstre avait un nom latin,
Sa chair n'était point comestible;
Ils ne l'avaient pas vu
Dans nos contrées
Depuis plus d'une décennie.
Ils en savaient très peu
Sur ces squales danois,
Qu'ils avaient peu observés,
Mais ne manqueraient pas
D'étudier celui-là,
Y découvriraient sans doute
Trop de mercure
Traces de cyanure,
Et disserteraient,
Dès lors,
Et savamment,
Sur la pollution
Du Grand Fleuve.

Ils n'osèrent se prononcer,
Cependant,
Ce n'était guère important,
Si la Bête avait trop vécu,
Et se gardèrent bien d'ajouter
Qu'elle aurait pu vivre un peu plus.
La biologie,
Science de la vie,
N'aime-t-elle celle-ci
Que lorsqu'elle n'est plus?

Par l'odeur alléché,
Le Directeur du Musée
S'amena le dernier
Et statua au petit écran:
Le Monstre,
Empaillé ou congelé,
Aurait valeur d'attraction
En ces temps de piètre économie.
La démarche,
Incontestablement,
Indéniablement,
Incontournablement,
S'inscrirait dans le noble chapitre
Du développement durable.

Il voyait le squale
Agrémenter son étal
D'armoires bicentenaires,
De bancs de quêteux,
De surplis,
D'ostensoirs,
De chasubles
Et de socs de charrue.

Un loustic s'avança alors:
Il offrit au Musée
Gratuitement,
Inconditionnellement,
Son congélateur surdimensionné!

Les fonctionnaires du Ministère
Auraient bien voulu s'en mêler!
Mais ils s'étaient emmêlés
Dans des études contradictoires
D'où ils ne purent s'échapper.

Certains docteurs de la question
Avaient conclu que ces requins
Etaient si nombreux
Que la mort de celui de Sainte-Rose
Ne constituait qu'un prélèvement
Insignifiant.
"Ils finissent toujours,
Avaient-ils doctement pontifié,
Par mourir un jour."

Quelques autres avaient balbutié
Que la population de ces grands muets
N'avait jamais été recensée
Et que la mort d'un seul
Etait une mort de trop.

Plusieurs d'entre eux,
S'autorisant de Jobidon,
Limier trop connu,
Soupçonnèrent le requin
D'avoir "trempé"
Dans l'inexpliquée disparition,
Printemps deux mil cinq,
Du chargement de fromage
Que les Boivin du rang
Avaient mis à vieillir
Dans l'abysse du Fjord.
La mort du squale,
C'était clair,
Leur ferait résoudre
Ce contentieux!

Comment peut-on pavoiser ainsi
Et se vanter de par le monde
D'avoir tué si gratuitement,
D'avoir occis pour le plaisir,
En deux mots,
D'avoir tué pour tué?

J'opine pour ma part
Que le requin du Fjord
Aurait dû vivre plus longtemps
Et que celle dont le passe-temps
Est de taquiner nos frères de l'onde
Aurait dû bien avant
Couper ce fil immonde.

C'est le cas de le dire,
La vie de la Bête
Ne tenait qu'à un fil...
Après tout, la Belle
Avait eu pour y penser
Quelques trois cent tours
De manivelle...

L'heure de gloire que j'eusse chérie
C'eut été de faire le tour du monde,
Oui! Mais pour avoir respecté la vie!
C'est ce que m'ont appris
A l'Hôtel-Dieu Saint-Vallier,
Mes trente années de chirurgie.

Delhorno

SEGREGATION

Qui a dit qu'une vie est faite d'occasions ratées? La mienne en compte plus que sa part. J'écarte tout de suite ces ratés contre lesquels on ne peut rien: ceux causés par la génétique, par la géographie, par le manque d'argent, etc. Il y a de ces occasions manquées qu'on voudrait revivre, celles où on n'a pas été à la hauteur, par couardise, par ignorance, par paresse. Je dois m'en confesser. Il y a tant de ces fois où je n'ai pas été à la hauteur. Laisse-moi, Gibus, revivre celle-ci. Ainsi aurai-je l'impression de terminer 2007 purifié; le sentiment d'avoir remboursé une dette due depuis trop d'années.

Hôtel-Dieu de Montréal. 1974 ou 1975. Peut-être 1976. Trois classes de patients chirurgicaux. La première, celle des chambres privées. Beaucoup de citoyens d'Outremont. D'habitude, les patrons se les réservent. Les résidents ne les opèrent pas, se contentent d'inscrire des notes dans les dossiers, de rédiger les prescriptions. La deuxième, celle des chambres semi-privées. Les résidents y sont rois et maîtres, mais opèrent les cas sous supervision stricte. La troisième, celle des salles. Patients qui n'ont ni argent ni assurance pour se payer le luxe de chambres privées ou semi-privées. Cet étage est mené par un chef-résident et ses sous-fifres. Ils opèrent les patients qui n'ont à peu près rien à dire... Les patrons n'entrent pas dans les théâtres opératoires, sinon que lorsqu'il y a problème majeur. Tout s'y passait bien, d'habitude. Les chef-résidents y étaient ultra-compétents, certains opérant mieux, même, que leurs patrons...

Il survint, à l'époque que je te raconte, une épidémie d'infections à Staphylocoques Dorés chez les patients dits "de salle". A peu près tous, sinon tous les opérés en furent atteints. Le chef du département de chirurgie s'arrachait les cheveux! Comment s'en sortir? Et... il y avait certainement un coupable...

Il fut trouvé prestement! Le chef-résident de la "Salle" lors de l'épidémie était un Noir, originaire de Port-au Prince. Le seul Noir de l'étage. Je tairai son nom. Ce que je n'occulterai pas, c'est qu'on l'accusa, le jugea et condamna sommairement. On lui fit reprendre son année. Sans aucune preuve d'ordre objectif ou scientifique. Nous, ses pairs, bien au fait de la méthode scientifique, des études objectives et "randomisées", ne sûmes que dire, que faire, comment réagir. On nous passa entre les pattes un procès de type "Ceaucescu" à saveur raciste et ségrégationniste. Toutes ces années, j'ai éprouvé, en y pensant, une piètre opinion de moi-même. Car "Dieudonné Jean-Pierre n'était pas seul sur cet étage. Entouré de subalternes blancs, qui s'en sortirent blancs comme neige...

Delhorno

dimanche 30 décembre 2007

HUMILIATION...

...sur fond de ski de fond.

Quelque part entre 1976 et 1985... Au fait, pourquoi a-t-on appelé le ski de fond "ski de fond"? Ski, je peux comprendre... vieux mot des lapons ou des finlandais désignant les deux planches de bois... mais Fond? Et pourquoi pas Fonds? Les Anglais disent: "Cross-country ski", ce qui me semble plus évocateur. Wikipedia n'en dit pas un mot. Le même mystère s'applique à "slalom spécial" et "slalom géant"... Qu'a de "spécial" ce slalom? Et pourquoi cet autre serait-il "géant" quand il n'y en a pas de "nain"? Et pourquoi n'y a-t-il pas de "slalom régulier" ou de "slalom normal"? Autre mystère qui me hante...

Donc, quelque part entre 1976 et 1985. Club de ski de fond "Bec-Scie". Bec-Scie, c'est le nom d'une espèce de canard qui vit en Amérique du Nord, et au Québec notamment. Mais c'est aussi le nom que certains exaltés ont donné au club de ski de fond baieriverain, c'est-à-dire l'endroit où les gens de la Baie vont faire du ski de fond en hiver. Pourquoi "Bec-Scie"? Ca n'est pas évident... C'est même plutôt obscur... Le site n'est pas réputé pour héberger une colonie de Bec-Scie. Voilà pourquoi je parle "d'exaltés"... Je n'ai pas osé utiliser le terme "hurluberlus"... Les canards ne font pas de ski de fond! A fortiori, ils s'enfuient du Bec-Scie dès les premiers souffles du vent d'hiver... Quand ils amerrissent, les canards glissent quelques centimètres sur leurs pieds palmés. Ils freinent, finalement, en marchant à petits pas sur l'eau. "Pas alternatif". Nos hurluberlus ont sans doute vu là le lien avec le ski de fond...

La rivière à Mars est éclusée au Bec-Scie. Sur plusieurs kilomètres, elle est devenue un lac, qu'on aurait pu appeler "FILIFORME". Les pistes de ski de fond sont là, tant sur la surface glacée du lac que sur ses berges. C'est là que j'ai été heureux... D'abord sur les skis de mon frère, et ensuite sur les miens. Des heures de bonheur, à glisser, regarder, humer, respirer, réfléchir.

Ce matin-là, j'étais en grande forme. Au point où je me voyais représenter le Canada aux prochaines olympiades d'hiver. Il y a un ruisseau qui se décharge dans le lac Filiforme. J'en ai oublié le nom. Je me demande si ce n'est pas le ruisseau "Frette"... Mais rien n'est moins certain. Je skiais donc sur le ruisseau Frette, en direction du lac Filiforme. Grande et fière allure. Le soleil est à son zénith, il vente un peu, je porte la veste rouge que mes parents m'ont offerte en cadeau de Noël dix ans plus tôt. Je sens tout à coup qu'on skie derrière moi. Sorte de sixième ou septième sens. La "sensation" se rapproche. J'accélère, pour ne pas me faire dépasser. Car je suis un compétiteur, je l'ai toujours été! La "sensation" souffle derrière mes oreilles! Je dois m'incliner: je fais un pas de côté, pour laisser le passage, ainsi que le commande l'étiquette. Un quidam drôlement habillé me dépasse. Je lui dis bonjour. Il grommelle une réponse en s'éloignant. Je note au passage un crissement métallique qui s'accorde au diapason du pas alternatif de ce champion olympique. Je me dis tout bonnement que sa fixation frotte... et je continue mon chemin, allègrement, quoique humilié légèrement. Cinq cent mètres plus loin, voilà mon adversaire arrêté, penché vers sa jambe droite qu'il semble examiner. Je m'arrête:
-Y a-t-il quelque chose qui ne va pas? Etes-vous blessé? Puis-je vous aider?
-J'ai un trouble dans ma jambe de bois. Mais, ça va aller, continuez votre route.

Je ne sus que rétorquer. Ca, c'était bien moi. Dépassé par un gars avec une jambe de bois! Je devais être le seul au Saguenay-Lac St-Jean à qui c'était arrivé! C'était donc ça, le crissement... Je terminai ma course, désillusionné. Adieu aux jeux olympiques!

Arrivé au chalet, n'en croyant toujours pas mes yeux, je m'enquis:
-Est-il possible que j'aie croisé en chemin un gars avec une jambe de bois?
-Certainement, c'était Rémi Tremblay, un gars de Bagotville. A perdu sa jambe dans un accident de ferme quand il était jeune. Il vient ici tous les jours.

Delhorno

vendredi 28 décembre 2007

EN DECOUDRE AVEC DEQUATRE IV

Voilà le mal qui me hante,
Chaque fois que j'aborde,
Chaque matin que j'arpente
Déquatre l'insipide.
On eut beau dire
Aux amnésiques réformateurs
Qu'à Paris, l'Hôtel-Dieu
Garde son nom
Depuis Quasimodo,
Qu'on étudie toujours
A la Sorbonne,
Que Chicoutimi
Etait déjà Chicoutimi
Quand allaita la louve
Romulus et Remus,
Que Déquatre et Cétrois
Eussent bien pu
Demeurer éternellement
L'Ange-Gardien
Ou Saint-Gabriel
Ou Saint-Camille,
Leurs noms de toujours.
Ou, faute de mieux,
Honorer la mémoire
De cette Augustine fameuse,
De ces anciens respectés,
Qui, sur cent années,
Bâtirent la réputation
De l'Hôtel-Dieu Saint-Vallier.
A un feu par quart de siècle,
Quel pompier eût pu s'y tromper?

Rien n'y fit.
On semble,
Par ici,
A chaque décade,
Effacer la précédente,
Occire le passé...
Pour recommencer.
Meurtrir la souvenance,
C'est évacuer l'Histoire!
Et... n'est-ce pas
Promouvoir l'Ignorance?

Oui, Epicure,
Mon vieux maître,
Tu avais raison,
Une des nombreuses misères
De l'ignorance,
C'est de toujours
Commencer à vivre.

Delhorno

jeudi 27 décembre 2007

EN DECOUDRE AVEC DEQUATRE III

Moi, mon préféré,
C'était Saint-Camille.
J'y laissai,
Je n'avais pas seize ans,
Août 1960,
Mon insouciance de séminariste.
Roland,
Dans la 309,
Y récupéra d'un infarctus
Qui changea notre vie...
Je jette toujours un regard furtif
Quand je croise la 309.

Il y eut aussi la 317.
Marc, malade,
De tous les maux,
Durant trois mois,
En 1988,
A l'automne.
Toutes ces chambres
Qui m'ouvrirent leur coeur,
Et me confièrent
En souffrant
Comment vivre,
Comment survivre.

La 307, mouroir
D'un petit homme,
Au début de ma pratique.
Aurai-je oublié,
L'instant venu,
Qu'il m'avait enseigné
Comment s'éloigner...

Saint-Gabriel est mon second choix.
J'y appris, à vingt-huit ans,
Le B.A-B.A. de la chirurgie.
C'est là que je vis oeuvrer
Les vieux chirurgiens chicoutimiens,
Aujourd'hui tous oubliés,
Dont je devins l'ami,
Dont j'aime penser
Qu'ils m'instituèrent
Leur légataire,
Emile
Edouard,
Claude,
Françpois,
Gérard,
Aubin.
Ceux-là me laissèrent
Grimper sur leurs épaules
De sorte que, espérions-nous,
Nous pussions
Voir un peu plus loin.
J'y reviendrai un jour.

A demain! Delhorno

dimanche 23 décembre 2007

EN DECOUDRE AVEC DEQUATRE II

Eh oui!
L'Ange-Gardien n'est plus.
Tous ont disparu:
Saint-Camille,
Saint-Gabriel,
Sainte-Anne,
L'Enfant-Jésus.
Humiliés.
Diminués.
Guillotinés.
Décapités.
Métamorphosés
En "Déquatre"
"Déhuit",
"Cétrois",
"Adeux",
Et, pourquoi pas,
Bientôt,
"Vousdeux",
"Noustrois"
Et "Parquatre"?
Sans compter "Tanguay"...
Technologie d'appoint!
Pour un peu de fric,
Huit "cans" de peinture,
Un divan,
Un mobilier de cuisine,
L'Enfant-Jésus
Aura troqué son âme
Et vendu son passé
A un vendeur de mobilier
Et d'électroménagers.
Apparemmement,
Cette néo-terminologie
Sera moins trompeuse
Pour les pompiers
En cas de feu,
Lors de cataclysmes!
Pourtant, pas un brancardier
N'est encore capable
De s'y démêler,
Malgré qu,on fit venir
D'outre-mer
Un consultant grec
Nommé Ariane
Pour installer un fil
Conducteur
Dans ce dédale
De chiffres
Et de lettres.

Même Saint-Vallier!
Le bon vieillard
Longtemps réputé
Intouchable,
Sur son rocher transi,
Dut subir le siège iconoclaste
D'étalagistes branchés
Débarqués de la grand'ville
Et, en moins d'une génération,
Fut rebaptisé "Hôpital de Chicoutimi";
Fut ensuite reconverti,
Dès l'ajout "stratégique"
De "Roland Saucier",
En "Complexe Hospitalier
De la Sagamie",
Sans doute par déférence
Aux réputés "Complexe d'Oedipe"
Et "Dépanneurs Sagamie";
Devint tout récemment
Centre de Santé
Et de Services Sociaux
De Chicoutimi.

Etonnamment,
L'observateur chevronné
Ne manque d'ironiser:
C'est toujours le bon vieil Hôtel-Dieu St-Vallier!
On y traite toujours des malades!
Seul le stationnement a changé!

...suite demain matin
Delhorno

samedi 22 décembre 2007

EN DECOUDRE AVEC DEQUATRE

"Une des nombreuses misères de l'ignorance, c'est de toujours commencer à vivre" EPICURE

A Homère, Xénophon, l'abbé Jean-Paul, Gibus, McPherson, et quelques autres...

L'aurore baieriveraine
A glissé ses doigts de miel
Sur le rocher des Augustines
Où somnole centenaire
L'Hôtel-Dieu Saint-Vallier,
Mon hôpital bien-aimé.

A ses pieds traînasse
Vers Sainte-Rose,
Sacré-Coeur
Et Tadoussac,
L'onde millénaire
Du fleuve Saguenay,
"Mare nostrum".

J'aborde à peine
L'entrée principale
Qu'une clameur soudaine
Détourne mon regard:
Un triangle de bernaches
S'époumone allègrement:
-Thalassa! Thalassa!
Je souris prestement...
Elles viennent sans doute
D'apercevoir la mer,
Là-bas, à Saint-Fulgence!
C'est sur cette batture
Qu'elles font halte,
Depuis des siècles.
Elles n'ont jamais oublié...
Je me dis encor
Qu'elles sont fort savantes
De me rappeler ainsi
Les sons de la clameur grecque,
Les mots célèbres de Xénophon,
Le reporter qui rendit fameuse
La retraite des Dix-mille.

Mon truc à moi,
C'est le quatrième.
Voilà! Nous y sommes.
"DEQUATRE".
La trouvaille ultime!
Vocable modernissime,
Dont quelque guignol
Affubla l'étage
Où guérissent mes opérés.

Déquatre, qui ne veut rien dire,
A remplacé l'Ange-Gardien,
Qui signifiait tout...
L'Ange-Gardien,
C'est l'Enfant-Jésus,
C'est la Pédiâtrie,
C'est le docteur Maurice,
C'est Aubin,
C'est Larochelle,
C'est Paradis,
La tyrosinémie,
L'acidose lactique,
L'ataxie Charlevoix-Saguenay,
Mon premier diabète juvénile,
Mes premières appendicectomies...


...la suite: demain
Delhorno