J'en achève la lecture. Ecoute-ça, McPherson.
"Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal."
"Qu'est-ce qu'une aristocrate? C'est une femme que la vulgarité n'atteint pas bien qu'elle en soit cernée."
"Je suis toujours fascinée par l'abnégation avec laquelle nous autres humains sommes capables de consacrer une grande énergie à la quête du rien et au brassage de pensées inutiles et absurdes."
"Qui croit pouvoir faire du miel sans partager le destin des abeilles."
"La vérité n'aime rien tant que la simplicité de la vérité."
J'ai acheté le roman tout juste avant de partir pour l'Irlande. Chez Renaud Bray, place Ville-Marie. Tout à fait par hasard. J'ai demandé au commis, parfait inconnu:
-Que lisent les gens présentement? Qu'est-ce qui est "hot"?
Il m'a montré ce Gallimard, de Muriel Barbery. J'ai su, dès les premières pages, que l'écrivaine pourrait être mon amie. Il y en a eu plusieurs, dans ma vie, de ces petits hasards rencontrés à quelque coin de rue qui ont ensoleillé mon parcours.
1. The Little Green Book. Carnet d'un vieux professeur de golf d'Austin, Texas. Acheté sur le coup d'une impulsion, d'un regard, à Dorval, maintenant Trudeau. "The student must be ready for the teacher to appear".
2. On ne peut pas être heureux tout le temps. J'ai oublié le nom de cette Parisienne. J'étais à Roissy, entre deux avions, triste comme un saule. Lire ça m'a fait l'effet d'une angioplastie coronarienne...
3. Angela's Ashes. Frank McCourt avait été toute sa vie professeur de littérature anglaise dans un collège huppé de New York. Petite vie, petit irlandais de Limerick, vie personnelle teintée d'échecs et de bas-de-gamme. Adoré de ses élèves. Retraité à 65 ans, il écrit cette autobiographie que j'ai dévorée. Je ne fus pas le seul... Livre acheté impulsivement, entre deux avions encore.
McCourt a commis deux autres livres par la suite. Devenu millionnaire.
4. L'arnaque de Al Eagleson. Le titre n'est pas exact. L'affaire fut dévoilée au grand jour par un obscur journaliste du Massachussets. Eagleson a dupé Bobby Orr, Carl Brewer et plusieurs autres. Il leur disait qu'ils n'étaient que des hockeyeurs, pas assez "brillants" pour comprendre les enjeux.
Je termine. As-tu écouté, McP., hier soir, Brian Mulroney, qui publie aujourd'hui son bouquin? Ce n'est pas très beau, ce qu'il dit de Lucien Bouchard... "He won't be at my funerals". Ils avaient été de grands amis... Je me demande bien comment Lulu doit se sentir. Il sublimera, sans doute, en parlant de l'intérêt supérieur québecois. Delhorno.
lundi 10 septembre 2007
dimanche 9 septembre 2007
LE CADEAU
Au début des années 90, des chirurgiens français révolutionnèrent un large pan de la chirurgie digestive: ils se mirent à enlever les vésicules biliaires par abord laparoscopique, c'est-à-dire sans les grandes incisions qui avaient été coutumières depuis cent ans. Il ne fallait pas être prix Nobel pour escompter les avantages et l'avenir de cette technique... Mon collègue Battikha -aujourd'hui décédé-connaissait l'un de ces chirurgiens français, le professeur Périssat, qui oeuvrait à Bordeaux. Quelques semaines plus tard, en janvier 90 ou 91, nous étions à Bordeaux pour apprendre. Monsieur Périssat fut d'une gentillesse exemplaire: il nous enseigna ce qu'il fallait savoir. Nous assimilâmes la technique et l'année suivante, elle avait cours à Chicoutimi. Je ne pensai plus beaucoup à monsieur Périssat, sans toutefois l'oublier...
L'automne passé, j'étais à Paris au congrès de l'Association Française de Chirurgie. A la fin d'une session, alors que tout le monde se bousculait vers la sortie, j'aperçus monsieur Périssat! Je m'empressai d'aller le saluer. Il me dit alors qu'il venait au Québec à la fin août 2007 et qu'il voulait venir au Saguenay, notre Royaume. Je lui écrivis mon adresse-courriel. Je ne pensais pas être là cependant à cette époque. Nous correspondîmes. "Allez au St-Antoine à Québec, puis à l'Auberge des 21 à la Baie. Il vous faut aller à St-Félicien, Val-Jalbert, Tadoussac, aux ours sur la rivière à Mars, peut-être en rabaska, faire le tour du lac St-Jean si possible, arrêter à Ste-Rose, manger chez le carcassonnais Pachon possiblement, mais surtout, parler à nos gens."
-Nous n'avons pas oublié d'où nous venons et nous aimons la France, lui dis-je.
J'appelai monsieur B. de l'Auberge des 21.
-On s'occupera de monsieur Périssat, m'assura-t-il.
Voilà! J'arrive à peine d'Irlande qu'on m'appelle de l'Auberge des 21.
-Nous avons ici pour vous un paquet que vous a destiné un client français!
Je m'en fus quérir la chose hier soir. C'était un gros album de 400 pages intitulé: Champlain ou les portes du Nouveau-Monde. Cinq siècles d'échanges entre le Centre-Ouest français et l'Amérique du Nord. Ultra intéressant. Des dizaines de documents d'archives. Près d'une centaine de collaborateurs des deux côtés de l'Atlantique. La Rochelle -mon ami Sarrazin en parle dans son blogue aujourd'hui- s'enrichit de ce commerce avec l'Amérique. En passant, savais-tu, Gibus, qu'en 1763, lors du traité de Paris, le Roi de France laissa aller le Canada cavalièrement pour conserver Guadeloupe et Martinique (sucre) et que plusieurs intellectuels français ont récemment déploré cette décision malheureuse. La France, écrivent-ils, ne serait pas du tout pareille aujourd'hui.
Aimes-tu mon histoire du jour, Gibus? Moi, elle me comble. D'autant plus qu'elle est véridique, à cent pour cent.
Delhorno
L'automne passé, j'étais à Paris au congrès de l'Association Française de Chirurgie. A la fin d'une session, alors que tout le monde se bousculait vers la sortie, j'aperçus monsieur Périssat! Je m'empressai d'aller le saluer. Il me dit alors qu'il venait au Québec à la fin août 2007 et qu'il voulait venir au Saguenay, notre Royaume. Je lui écrivis mon adresse-courriel. Je ne pensais pas être là cependant à cette époque. Nous correspondîmes. "Allez au St-Antoine à Québec, puis à l'Auberge des 21 à la Baie. Il vous faut aller à St-Félicien, Val-Jalbert, Tadoussac, aux ours sur la rivière à Mars, peut-être en rabaska, faire le tour du lac St-Jean si possible, arrêter à Ste-Rose, manger chez le carcassonnais Pachon possiblement, mais surtout, parler à nos gens."
-Nous n'avons pas oublié d'où nous venons et nous aimons la France, lui dis-je.
J'appelai monsieur B. de l'Auberge des 21.
-On s'occupera de monsieur Périssat, m'assura-t-il.
Voilà! J'arrive à peine d'Irlande qu'on m'appelle de l'Auberge des 21.
-Nous avons ici pour vous un paquet que vous a destiné un client français!
Je m'en fus quérir la chose hier soir. C'était un gros album de 400 pages intitulé: Champlain ou les portes du Nouveau-Monde. Cinq siècles d'échanges entre le Centre-Ouest français et l'Amérique du Nord. Ultra intéressant. Des dizaines de documents d'archives. Près d'une centaine de collaborateurs des deux côtés de l'Atlantique. La Rochelle -mon ami Sarrazin en parle dans son blogue aujourd'hui- s'enrichit de ce commerce avec l'Amérique. En passant, savais-tu, Gibus, qu'en 1763, lors du traité de Paris, le Roi de France laissa aller le Canada cavalièrement pour conserver Guadeloupe et Martinique (sucre) et que plusieurs intellectuels français ont récemment déploré cette décision malheureuse. La France, écrivent-ils, ne serait pas du tout pareille aujourd'hui.
Aimes-tu mon histoire du jour, Gibus? Moi, elle me comble. D'autant plus qu'elle est véridique, à cent pour cent.
Delhorno
samedi 8 septembre 2007
VERNISSAGE
Ma belle-soeur tenait son vernissage hier, au centre d'Arts de Chicoutimi. Elle peint depuis quelques années. Y sommes donc allés. Je ne m'attendais pas à ce que j'ai vu. J'avais escompté des balbutiements: on m'a montré un peintre! Originale, la belle-soeur, avec des couleurs plaisantes. Je vais tenter de vous montrer les toiles que nous avons choisies. Toute mon estime, belle-soeur. Mon frère est monté de Québec avec femme et enfants, par solidarité sans doute, mais pourquoi pas par amour? Bravo le Taon!
Donc, Justine Henin a battu la grand Venus hier au US Open. Dieu que j'étais content. La petite s'est tapée les deux Williams que j'abhorre. Pourquoi, à mon âge, détestai-je les deux Williams? Est-ce parce qu'elles sont noires? Pourtant, j'adore Tiger, j'aime Louis Armstrong, Sydney Bechet... Je ne voulais pas m'impliquer émotionnellement dans ce match, mais je l'ai fait. Je me disais durant le match que la grande Venus, en tant que personne, mon égale, avait droit à mon respect... Pourtant, je voulais qu'elle perde. Je pense que c'est une image que je déteste: des gens avec des goûts vestimentaires bigarrés, un père rustre, famille de parvenus. Doit-on détester pour cela? Le vocable "détester" est peut-être un peu fort... Réfléchir, réfléchir.
Donc, Justine Henin a battu la grand Venus hier au US Open. Dieu que j'étais content. La petite s'est tapée les deux Williams que j'abhorre. Pourquoi, à mon âge, détestai-je les deux Williams? Est-ce parce qu'elles sont noires? Pourtant, j'adore Tiger, j'aime Louis Armstrong, Sydney Bechet... Je ne voulais pas m'impliquer émotionnellement dans ce match, mais je l'ai fait. Je me disais durant le match que la grande Venus, en tant que personne, mon égale, avait droit à mon respect... Pourtant, je voulais qu'elle perde. Je pense que c'est une image que je déteste: des gens avec des goûts vestimentaires bigarrés, un père rustre, famille de parvenus. Doit-on détester pour cela? Le vocable "détester" est peut-être un peu fort... Réfléchir, réfléchir.
jeudi 6 septembre 2007
J'ARRIVE, J'ARRIVE
J'étais parti, effectivement. En Irlande, avec mon fils. Sommes des golfeurs, et il y là-bas des "links" inoubliables. Je ne les oublierai jamais, effectivement. Gibus et McPherson sont de vieux amis d'enfance, qui me furent présentés par Félix Leclerc. Un "gibus" est aussi un chapeau haut-de-forme télescopable ou "ratatinable", d'où son intérêt. McPherson fut un draveur du lac St-Jean qui se noya en désamorçant un embâcle. Félix en fit une chanson sur un air de jazz. Je me demande si vivent encore des québecois qui la connaissent... Gibus est un personnage d'une pièce de théâtre de Félix. J'en ai oublié le titre. J'y jouais le rôle d'un maire de village. J'ai choisi le verbe "en découdre" parce que c'est exactement ce que je ferai dans mon blogue: j'en découdrai avec Gibus et McPherson, deux amis imaginaires que j'ai cherchés toute ma vie sans jamais les trouver. Je m'adresserai à mes intimes surtout et d'abord. J'adore écrire, je chéris notre langue, j'ai ramassé toutes sortes d'idées depuis mes années de séminariste: voilà mon programme. Merci à Guy Sarrazin, "CARNET D'UN RETRAITE", qui m'a fait l'honneur de m'accueillir dans son blogue. Guy, je te "singerai". Delhorno
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