Je suis né un 24 juin, vers 15heures. La parade de la St-Jean passait devant notre logement quand je naquis. Ma mère avait 21 ans. Elle voulait m'appeler Claude, alors que mon père avait choisi Jean-Baptiste! Ils firent un compromis: je m'appellerais Jean-Claude.
Prénom dont la survie -quand on a connu Lucile- était loin d'être assurée et qui, effectivement, ne dura pas très longtemps... Quand, à six ans, j'allai m'inscrire à l'école primaire, ma mère me tira à part:
-Désormais, tu t'appelles "Claude", pas "Jean-Claude", me comprends-tu bien?
Oui, maman, je t'ai bien compris, pour la vie!
On - grand'maman, maman, papa, mes oncles et tantes- m'avait toujours certifié que j'ai vu le jour un 24 juin.
Plusieurs années plus tard, quand je dus obtenir du baptistère, original et copies de l'extrait de baptême, je lus avec dépit qu'il y était inscrit "né le 23 juin 1944". Je n'oublierai jamais le visage outré de maman quand elle s'aperçut de cette bourde énormissime. On avait recopié le registre des baptêmes à l'église St-Edouard dans la décade qui suivit ma naissance; plusieurs erreurs en avaient résulté. Un de mes amis d'école, Marius, s'appelait "Marie-Luce" sur le registre paroissial: il ne l'a jamais digéré.
QUIPROQUO. Voilà le mot qui me vient à l'esprit. A peu près jamais employé par la nouvelle génération, qui ne sait à peu près rien du latin.
Ces quiproquos du début de mon existence ont fait dire à mon fils aîné avant-hier:
-Je salue en toi un imposteur de premier ordre, d'autant plus que personne de ton entourage ne te connaisse comme tel. Tu dis t'appeler Claude, alors que ton véritable prénom est Jean-Claude; tu prétends avoir vu le jour un 24 juin, alors que tu es né un 23 juin.
Mes plus beaux 24 juin?
Ceux de ma jeunesse. Quand Mutt, en bonne santé, nous emmenait pêcher au pays de Menaud, avec de la "liqueur", des "sandwiches au creton" et des "millefeuilles".
Celui de 2003, que j'ai passé sur les bords de la Seine, à Paris. Ma fille venait me retrouver le lendemain.
Celui d'avant-hier, alors que j'ai reçu du pays du "chiac" un cadeau inattendu: les DVD de la BBC, "Planet earth".
Celui d'hier, parce que mon mon frérot m'a appellé de Biarritz:
-Entends-tu cette musique, Claudio?
-Mal!
-C'est PETITE FLEUR, joué par un orchestre de bonhommes comme toi!
Celui d'hier encore, parce que ma belle-soeur a eu la délicatesse de me concocter un courriel où il est écrit:
LA VIEILLESSE ARRIVE BRUSQUEMENT, COMME LA NEIGE.
UN MATIN AU REVEIL, ON S'APERCOIT QUE TOUT EST BLANC.
Jules Renard
Ces années-ci, on a politisé le jour de ma fête. J'en suis presque venu à détester le 24 juin... Non! Ne t'inquiète pas Gibus, ne t'inquiète pas McPherson, je n'aborderai pas ce chapitre.
Delhorno
mercredi 25 juin 2008
vendredi 20 juin 2008
LE NID DE L'AIGLE
Pardonnez-moi, chers Gibus et McPherson, de revenir sur ce sujet.
"Le Nid de l'Aigle". Ce n'est pas la traduction littérale du mot allemand "Kehlsteinhaus". C'est le nom qui a été donné par l'ambassadeur (ou consul...) français en Allemagne. Pourquoi et comment? Je l'ignore totalement. Les Nazis y emmenaient les diplomates étrangers jusqu'en mil neuf cent trente-neuf. Question d'impressionner, nous a-t-on dit.
On peut y aller soi-même en auto, ou en autobus, si l'on veut. C'est tout près de Salzbourg. Tous cependant doivent arrêter au pied de la montagne. Là, des autobus spécialisés emmènent les visiteurs devant un tunnel. La route qui grimpe jusqu'à ce tunnel est une merveille du génie civil: la paroi frise la verticale, le spectacle qui s'offre à la vue est métaphysique, la forêt, ces grandes épinettes qui s'élancent vers l'azur comme des clochers de cathédrale, est époustouflante. Il faut marcher plus de soixante mètres dans ce tunnel humide avant d'arriver à l'ascenseur qui nous emmène au sommet. Nous sortons du chalet et... c'est l'extase. Je n'en dirai pas plus. Il faut voir vous-mêmes.
Nous avions une guide, dont j'ai oublié le nom et que je trouvai "jovialiste", c'est-à-dire d'une sorte de bonhomie bienheureuse ne cadrant pas avec l'objet de la visite. Je sais qu'on s'habitue à tout. Je n'ai jamais vu un croque-mort pleurer aux enterrements... Je ne lui aurais pas demandé un comportement macabre, pourtant. Peut-être aussi fûmes-nous fautifs, ma compagne Septembre Noir et moi-même. Peut-être en savions-nous trop sur "La Solution Finale"...
Notre groupe? Six ou sept personnes. Trois américains d'Omaha, fort peu impressionnants. Faut-il, Gibus, demander à trois honnêtes touristes du Nebraska "d'impressionner"? Question irrésolue. Mais aussi cette jeune femme aux cheveux noir-corbeau, frisés, le teint plutôt foncé, mince. Elle semblait en connaître beaucoup sur la Deuxième Guerre, presque autant que Septembre Noir. Elle parlait bien l'anglais, mais elle parlait aussi une autre langue, qui ne nous était pas familière, aux deux amis qui l'accompagnaient. En fait, ses connaissances étaient à ce point étonnantes que Septembre Noir ne put s'empêcher de l'interroger:
-Madam, few women know as much as you do about Second World War! Did you major in this field? Any special studies on the matter?
-Not particularly... Maybe because I am Jew...
Nous restâmes interloqués, Septembre Noir et moi, Delhorno.
Elle nous avoua un peu plus tard vivre fort mal cette visite. Mais il fallait qu'elle la fît. Nous ne creusâmes pas davantage l'interview. Par déférence. Par respect. Par pudeur aussi. Voilà. Nous redescendîmes muets du Nid de l'Aigle. Les nuages n'évacuèrent le ciel de Salzbourg qu'en fin d'après-midi, comme s'ils avaient voulu, eux aussi, respecter notre malaise.
Delhorno
"Le Nid de l'Aigle". Ce n'est pas la traduction littérale du mot allemand "Kehlsteinhaus". C'est le nom qui a été donné par l'ambassadeur (ou consul...) français en Allemagne. Pourquoi et comment? Je l'ignore totalement. Les Nazis y emmenaient les diplomates étrangers jusqu'en mil neuf cent trente-neuf. Question d'impressionner, nous a-t-on dit.
On peut y aller soi-même en auto, ou en autobus, si l'on veut. C'est tout près de Salzbourg. Tous cependant doivent arrêter au pied de la montagne. Là, des autobus spécialisés emmènent les visiteurs devant un tunnel. La route qui grimpe jusqu'à ce tunnel est une merveille du génie civil: la paroi frise la verticale, le spectacle qui s'offre à la vue est métaphysique, la forêt, ces grandes épinettes qui s'élancent vers l'azur comme des clochers de cathédrale, est époustouflante. Il faut marcher plus de soixante mètres dans ce tunnel humide avant d'arriver à l'ascenseur qui nous emmène au sommet. Nous sortons du chalet et... c'est l'extase. Je n'en dirai pas plus. Il faut voir vous-mêmes.
Nous avions une guide, dont j'ai oublié le nom et que je trouvai "jovialiste", c'est-à-dire d'une sorte de bonhomie bienheureuse ne cadrant pas avec l'objet de la visite. Je sais qu'on s'habitue à tout. Je n'ai jamais vu un croque-mort pleurer aux enterrements... Je ne lui aurais pas demandé un comportement macabre, pourtant. Peut-être aussi fûmes-nous fautifs, ma compagne Septembre Noir et moi-même. Peut-être en savions-nous trop sur "La Solution Finale"...
Notre groupe? Six ou sept personnes. Trois américains d'Omaha, fort peu impressionnants. Faut-il, Gibus, demander à trois honnêtes touristes du Nebraska "d'impressionner"? Question irrésolue. Mais aussi cette jeune femme aux cheveux noir-corbeau, frisés, le teint plutôt foncé, mince. Elle semblait en connaître beaucoup sur la Deuxième Guerre, presque autant que Septembre Noir. Elle parlait bien l'anglais, mais elle parlait aussi une autre langue, qui ne nous était pas familière, aux deux amis qui l'accompagnaient. En fait, ses connaissances étaient à ce point étonnantes que Septembre Noir ne put s'empêcher de l'interroger:
-Madam, few women know as much as you do about Second World War! Did you major in this field? Any special studies on the matter?
-Not particularly... Maybe because I am Jew...
Nous restâmes interloqués, Septembre Noir et moi, Delhorno.
Elle nous avoua un peu plus tard vivre fort mal cette visite. Mais il fallait qu'elle la fît. Nous ne creusâmes pas davantage l'interview. Par déférence. Par respect. Par pudeur aussi. Voilà. Nous redescendîmes muets du Nid de l'Aigle. Les nuages n'évacuèrent le ciel de Salzbourg qu'en fin d'après-midi, comme s'ils avaient voulu, eux aussi, respecter notre malaise.
Delhorno
jeudi 19 juin 2008
QU'AURAIS-JE FAIT?
J'arrive de Munich. Ai visité LE NID DE L'AIGLE et DACHAU. On ne sort pas de ces deux endroits avec le grand sourire... Comment a-t-on pu en arriver là? Comment un si grand peuple a-t-il pu se laisser berner ainsi? Où étaient les opposants? Pourquoi ne parlèrent-ils pas? N'agirent-ils pas? Pourquoi les prêtres se turent-ils? Pourquoi le Pape ne prit-il pas position? Qu'aurais-je moi-même fait?
Facile sans doute de se dire qu'on se serait comporté comme il se doit... On n'a pas grand'occasion dans une vie de se comporter comme il se doit. Je parle ici de grandes occasions. Celles où son action ou sa réaction est susceptible d'influer sur le résultat, sur le cours de la démarche.
Qu'aurais-je fait, qu'aurais-tu fait, toi, Gibus, toi, McPherson?
J'ai eu ma réponse à Dachau. Les national-socialistes suppprimèrent d'une manière ou d'une autre les opposants. Mais encore? Aurais-je eu le courage de m'opposer? Encore eût-il fallu être informé... L'information, à l'époque, n'était pas ce que nous connaissons aujourd'hui. Il devait être beaucoup plus facile d'endosser la chemise brune. Je vous recopie ce paragraphe que j'ai lu en juillet 1999 au Musée de l'Holocauste à Washington:
FIRST THEY CAME FOR THE SOCIALISTS,
AND I DID NOT SPEAK OUT
BECAUSE I WAS NOT A SOCIALIST.
THEN THEY CAME FOR THE TRADE UNIONISTS,
AND I DID NOT SPEAK OUT
BECAUSE I WAS NOT A TRADE UNIONIST.
THEN THEY CAME FOR THE JEWS,
AND I DID NOT SPEAK OUT
BECAUSE I WAS NOT A JEW.
THEN THEY CAME FOR ME,
AND THERE WAS NO ONE LEFT
TO SPEAK FOR ME.
Pastor Martin Niemoller
Delhorno
Facile sans doute de se dire qu'on se serait comporté comme il se doit... On n'a pas grand'occasion dans une vie de se comporter comme il se doit. Je parle ici de grandes occasions. Celles où son action ou sa réaction est susceptible d'influer sur le résultat, sur le cours de la démarche.
Qu'aurais-je fait, qu'aurais-tu fait, toi, Gibus, toi, McPherson?
J'ai eu ma réponse à Dachau. Les national-socialistes suppprimèrent d'une manière ou d'une autre les opposants. Mais encore? Aurais-je eu le courage de m'opposer? Encore eût-il fallu être informé... L'information, à l'époque, n'était pas ce que nous connaissons aujourd'hui. Il devait être beaucoup plus facile d'endosser la chemise brune. Je vous recopie ce paragraphe que j'ai lu en juillet 1999 au Musée de l'Holocauste à Washington:
FIRST THEY CAME FOR THE SOCIALISTS,
AND I DID NOT SPEAK OUT
BECAUSE I WAS NOT A SOCIALIST.
THEN THEY CAME FOR THE TRADE UNIONISTS,
AND I DID NOT SPEAK OUT
BECAUSE I WAS NOT A TRADE UNIONIST.
THEN THEY CAME FOR THE JEWS,
AND I DID NOT SPEAK OUT
BECAUSE I WAS NOT A JEW.
THEN THEY CAME FOR ME,
AND THERE WAS NO ONE LEFT
TO SPEAK FOR ME.
Pastor Martin Niemoller
Delhorno
mercredi 18 juin 2008
RETOUR
J'arrive à peine, mes vieux amis, d'Europe Centrale. Vienne, Melk, Linz, Salzbourg, Inssbruck et Munich. Non, je ne suis pas allé à Bratislava, qui est à 60 kilomètres de Vienne. Encore moins à Prague et à Budapest. Premières impressions, premières réflexions?
1. Les gens sont gentils de façon générale. Aucune maille à partir, avec qui que ce soit.
2. Ce sont des pays propres. L'eau y est potable, les rues sont nettes, rien ne traîne dans les campagnes. Maisons peinturées, enjolivées, édifices publics et palais entretenus.
3. La beauté n'est pas que québécoise... Nous avons des croûtes à manger! Louis le Fou était probablement mégalomane, mais certainement pas si fou que ça. Les empereurs autrichiens ont laissé des merveilles aux générations subséquentes.
4. Munich est une ville riche: ça se voit, ça se sent, ça se paie. Cosmopolite aussi. On y vient vivre de partout dans le monde. Des Saguenéens sont en train d'y vivre et... y sont heureux.
5. Les transports en commun sont mieux développés en Autriche et en Allemagne que chez nous.
6. Ils vouent un culte à Mozart et à Johann Strauss. Ont bien raison!
7. Sissi était une névrosée: le film nous a floués.
8. Le Tyrol me semble l'un des quelques paradis mondiaux et... les Romains y étaient avant nous, avant tout le monde!
9. L'aéroport de Munich vaut dix fois Trudeau...
10. Le NID DE L'AIGLE. En redescendîmes attristés, malgré la beauté du site. En raison de la connotation qui y est associée.
11. DACHAU. Endroit où l'on parle bas. Car la mort y rôde. Mémorial du malheur. On en sort déprimé.
12. ABBAYE DE MELK. Comme dit le Routard, les moines ont toujours eu le talent de se bien situer. C'est encore le cas ici. L'ouvrage surplombe le Danube à l'arrivée de la rivière Melk dans celui-ci. On y a tourné LE NOM DE LA ROSE d'Umberto Eco. J'en ai été fort impressionné.
A plus tard!
Delhorno
1. Les gens sont gentils de façon générale. Aucune maille à partir, avec qui que ce soit.
2. Ce sont des pays propres. L'eau y est potable, les rues sont nettes, rien ne traîne dans les campagnes. Maisons peinturées, enjolivées, édifices publics et palais entretenus.
3. La beauté n'est pas que québécoise... Nous avons des croûtes à manger! Louis le Fou était probablement mégalomane, mais certainement pas si fou que ça. Les empereurs autrichiens ont laissé des merveilles aux générations subséquentes.
4. Munich est une ville riche: ça se voit, ça se sent, ça se paie. Cosmopolite aussi. On y vient vivre de partout dans le monde. Des Saguenéens sont en train d'y vivre et... y sont heureux.
5. Les transports en commun sont mieux développés en Autriche et en Allemagne que chez nous.
6. Ils vouent un culte à Mozart et à Johann Strauss. Ont bien raison!
7. Sissi était une névrosée: le film nous a floués.
8. Le Tyrol me semble l'un des quelques paradis mondiaux et... les Romains y étaient avant nous, avant tout le monde!
9. L'aéroport de Munich vaut dix fois Trudeau...
10. Le NID DE L'AIGLE. En redescendîmes attristés, malgré la beauté du site. En raison de la connotation qui y est associée.
11. DACHAU. Endroit où l'on parle bas. Car la mort y rôde. Mémorial du malheur. On en sort déprimé.
12. ABBAYE DE MELK. Comme dit le Routard, les moines ont toujours eu le talent de se bien situer. C'est encore le cas ici. L'ouvrage surplombe le Danube à l'arrivée de la rivière Melk dans celui-ci. On y a tourné LE NOM DE LA ROSE d'Umberto Eco. J'en ai été fort impressionné.
A plus tard!
Delhorno
mardi 22 avril 2008
LE PAYS DE RAMSES II
J'y fus, du 22 février au 6 mars de cette année. Pas si facile que ça d'écrire des impressions de voyage à la suite de Pierre Loti, d'Hérodote et de Jean d'Ormesson. Au retour, escale à Charles-de-Gaulle, le vendredi 6 mars. Feuilletant Le Figaro, un vieil ami, je note tout de suite la relation de voyage de Jean d'Ormesson, qui vient tout juste d'amener au pays de Ramsès II sa petite- fille. Je dévore l'article, il va sans dire, et replie le journal, désabusé, désillusionné. L'académicien avait tout dit, je n'aurais rien à écrire.
J'ai donc laissé mijoter... Tout a son histoire. Laisse-moi, Gibus, te raconter celle-ci.
Quelque part dans les années cinquante. "Les cigares du Pharaon". Tintin. Premiers souvenirs égyptiens. Les momies, les tombeaux, les pyramides.
Petit Séminaire de Chicoutimi. Années soixante. On nous initie au grec ancien. Mes vieux amis, Socrate, Platon et Aristote, que j'ai négligés depuis, en passant. Mais aussi Hérodote, l'historien qui a visité l'Egypte et l'a décrite de ces quelques mots qui franchiront vingt siècles: "L'Egypte est un don du Nil".
Un sous-sol, rue Marguerite-Tellier, Chicoutimi, vers 1983. Un petit garçon qui doit remettre un travail sur l'Egypte, un dimanche soir. Nous nous attablons. Je retrouve le vieux manuel d'Histoire de 1958. Nous y plagions tout ce qui peut impressionner son professeur. Je me revois vingt-cinq ans plus tôt, dans la classe du frère Raymond.
Quelque part entre 2006 et 2007. Le même petit garçon, devenu trentenaire. Nous devisons...
-J'aimerais t'emmener en voyage quelque part, quand le moment propice sera venu. Où aimerais-tu aller?
-En Egypte!
C'est ainsi que nous atterrîmes au Caire le samedi 23 février 2008, lui et moi.
Le Caire? Une mégapole. Surchargée. Polluée. Trop d'automobiles. Le Musé National du Caire? Incontournable. Mais ... les Egyptiens devraient le mettre au goût du jour, installer des ordinateurs, des écrans, des écrits dans plusieurs langues. Le Nil au Caire? Féérique.
Les Egyptiens? Barrière de la langue. Ne les connaissons qu'à grands traits, à travers les commentaires épars des guides. Les Egyptiennes? De grandes inconnues.
Mon sommaire? Les Grandes Pyramides, Assouan, Louxor, Abou Simbel, les felouques, le Nil, l'aphorisme d'Hérodote: "L'Egypte est un don du Nil."
Ne pas aller dans le désert égyptien: y sommes allés trois jours, à travers 1500 kilomètres de minivan. Ca ne vaut pas le détour, à mon avis.
Aller à Assouan et Abou Simbel en avion. C'est trop long en auto et en train. Perte de temps pour peu d'intérêt durant le voyage.
Tout est souvent question d'argent... Je ne retournerais pas au Caire, sauf pour faire plaisir à quelqu'un. Mais je retournerais à Assouan, à l'Hôtel OLD CATARACT, qui fut l'hôtel d'Agatha Christie...
Delhorno
J'ai donc laissé mijoter... Tout a son histoire. Laisse-moi, Gibus, te raconter celle-ci.
Quelque part dans les années cinquante. "Les cigares du Pharaon". Tintin. Premiers souvenirs égyptiens. Les momies, les tombeaux, les pyramides.
1957-58. Elements latins. Collège St-Edouard. Port-Alfred. Le frère Raymond nous initie à l'Histoire. Premier chapitre. Les premières civilisations connues. L'Egypte, le dieu Râ, Ramsès, Tout-Ank-Amon, Kheops, Kefren, Mykerinos. Mots que je n'oublierai jamais, grâce à cette merveilleuse mémoire qui m'est venue avec la vie.
Petit Séminaire de Chicoutimi. Années soixante. On nous initie au grec ancien. Mes vieux amis, Socrate, Platon et Aristote, que j'ai négligés depuis, en passant. Mais aussi Hérodote, l'historien qui a visité l'Egypte et l'a décrite de ces quelques mots qui franchiront vingt siècles: "L'Egypte est un don du Nil".
Un sous-sol, rue Marguerite-Tellier, Chicoutimi, vers 1983. Un petit garçon qui doit remettre un travail sur l'Egypte, un dimanche soir. Nous nous attablons. Je retrouve le vieux manuel d'Histoire de 1958. Nous y plagions tout ce qui peut impressionner son professeur. Je me revois vingt-cinq ans plus tôt, dans la classe du frère Raymond.
Quelque part entre 2006 et 2007. Le même petit garçon, devenu trentenaire. Nous devisons...
-J'aimerais t'emmener en voyage quelque part, quand le moment propice sera venu. Où aimerais-tu aller?
-En Egypte!
C'est ainsi que nous atterrîmes au Caire le samedi 23 février 2008, lui et moi.
Le Caire? Une mégapole. Surchargée. Polluée. Trop d'automobiles. Le Musé National du Caire? Incontournable. Mais ... les Egyptiens devraient le mettre au goût du jour, installer des ordinateurs, des écrans, des écrits dans plusieurs langues. Le Nil au Caire? Féérique.
Les Egyptiens? Barrière de la langue. Ne les connaissons qu'à grands traits, à travers les commentaires épars des guides. Les Egyptiennes? De grandes inconnues.
Mon sommaire? Les Grandes Pyramides, Assouan, Louxor, Abou Simbel, les felouques, le Nil, l'aphorisme d'Hérodote: "L'Egypte est un don du Nil."
Ne pas aller dans le désert égyptien: y sommes allés trois jours, à travers 1500 kilomètres de minivan. Ca ne vaut pas le détour, à mon avis.
Aller à Assouan et Abou Simbel en avion. C'est trop long en auto et en train. Perte de temps pour peu d'intérêt durant le voyage.
Tout est souvent question d'argent... Je ne retournerais pas au Caire, sauf pour faire plaisir à quelqu'un. Mais je retournerais à Assouan, à l'Hôtel OLD CATARACT, qui fut l'hôtel d'Agatha Christie...
Delhorno
dimanche 20 avril 2008
SAUCETTE BAIERIVERAINE
Je le sais, "saucette" ne se trouve pas dans le Petit Larousse! Pourtant, le mot est plein de saveur... Une "saucette" chez quelqu'un, c'est un court séjour. Régionalisme. A classer dans le même chapitre que l'accent. Je me suis donc permis une saucette baieriveraine cet après-midi, histoire de me remettre les deux pieds bien à terre, à l'endroit où ils foulèrent le sol pour la première fois en juin mil neuf cent quarante-quatre.
Car, j'ai été baieriverain... Le suis-je encore? Je me sens de plus en plus étranger à Bagotville, Port-Alfred et Grande-Baie. Parenté émigrée un peu partout. Ne reste que le cousin Gaston. Deux amis, oui, mais nous pourrions tout aussi bien être amis ailleurs... Une vieille tante que je tente d'oublier, deux ou trois cousins obscurs que jamais je n'ai revus...
Reste que je me suis senti étranger aujourd'hui au pays de mes parents, de mes frères et soeur, de mes amis. Sans trop savoir pourquoi. Est-ce moi qui ai changé, ou est-ce Port-Alfred?
Car le "Moulin", coeur de ma ville, est disparu, complètement, totalement. Démoli, démantelé. Même le "quai de la Consol" a été défait. Qui aurait pu croire ça? Nous pensions que c'était éternel! J'y revois encore les goélettes chargées de pitounes à ras bord, les bateaux de fer qui arrivaient d'Anticosti, le "baume" et les milliers de billes d'épinette qu'il emprisonnait. Je n'ose parler du reste: le monte-pitoune, les deux tas de bûches, le "Time Office", les machines à papier, la balance. Gibus, McPhee, le moulin de la Consol, au temps de mon père et de mes oncles, du temps de ma jeunesse, c'était du solide, comme le roc de Gibraltar.
Mon père y gagna mieux sa vie que mon grand'père gérant de banque. Il s'y fabriquait du "newsprint", que les gars du moulin exportaient à Miami "Miami Herald", New York "Times", Chicago, Détroit. Nos gars se gargarisaient du meilleur papier à journal au monde!
J'ai moi-même travaillé au "Time Office", aux "Ecorceurs", aux "Taches"; j'ai vu mon père et mon beau-père, le premier aux "Machines", le second sur la "Balance", suer leur "shift" sans jamais rechigner. Mon oncle Raoul travaillait sur la "Couleur" et mon oncle Fernand au "Magasin". Tous décédés. S'ils savent ce que j'ai vu cet après-midi, ils ne doivent pas le croire.
Suis allé ensuite revisiter la maison paternelle, Cinquième Avenue. Les érables du fond de cour ont tant vieilli! Je ne les oublierai jamais: car je les ai plantés avec mon père. Nous les avions volés sur la terre d'un simili-cultivateur de St-Félix... Ont à peu près cinquante ans maintenant. La ruelle existe encore, mais sans vie et sans avenir. La municipalité s'est débarassée des ruelles, il y a quelques années. Servent maintenant de stationnements pour les autos des propriétaires. Pour nous, c'était l'un de nos nombreux terrains de jeux. Oublie-t-on jamais les terrains de jeux de son enfance?
La maison du grand'père François a dû être vendue, car la longue galerie est maintenant bordée d'une clôture à barreaux qui ne cadre pas du tout avec l'architecture du lieu. L'ancêtre a dû tempêter... Il détestait son voisin à l'Isle-aux-Couldres et avait bâti sa maison de telle sorte qu'elle montrait son derrière au dit voisin.
J'en avais assez vu... Volontairement, j'ai reporté ma visite aux deux cimetières, de crainte...
Il me faudra désomais vivre de souvenirs, le moulin démantelé, les maisons ancestrales dénaturées, ma parenté disparue.
En moins de deux générations tout un monde s'est effondré. Réflexion sur le sens des mots éphémère et pérenne...
Je pense maintenant savoir pourquoi je ne me sens plus baieriverain.
Delhorno
Car, j'ai été baieriverain... Le suis-je encore? Je me sens de plus en plus étranger à Bagotville, Port-Alfred et Grande-Baie. Parenté émigrée un peu partout. Ne reste que le cousin Gaston. Deux amis, oui, mais nous pourrions tout aussi bien être amis ailleurs... Une vieille tante que je tente d'oublier, deux ou trois cousins obscurs que jamais je n'ai revus...
Reste que je me suis senti étranger aujourd'hui au pays de mes parents, de mes frères et soeur, de mes amis. Sans trop savoir pourquoi. Est-ce moi qui ai changé, ou est-ce Port-Alfred?
Car le "Moulin", coeur de ma ville, est disparu, complètement, totalement. Démoli, démantelé. Même le "quai de la Consol" a été défait. Qui aurait pu croire ça? Nous pensions que c'était éternel! J'y revois encore les goélettes chargées de pitounes à ras bord, les bateaux de fer qui arrivaient d'Anticosti, le "baume" et les milliers de billes d'épinette qu'il emprisonnait. Je n'ose parler du reste: le monte-pitoune, les deux tas de bûches, le "Time Office", les machines à papier, la balance. Gibus, McPhee, le moulin de la Consol, au temps de mon père et de mes oncles, du temps de ma jeunesse, c'était du solide, comme le roc de Gibraltar.
Mon père y gagna mieux sa vie que mon grand'père gérant de banque. Il s'y fabriquait du "newsprint", que les gars du moulin exportaient à Miami "Miami Herald", New York "Times", Chicago, Détroit. Nos gars se gargarisaient du meilleur papier à journal au monde!
J'ai moi-même travaillé au "Time Office", aux "Ecorceurs", aux "Taches"; j'ai vu mon père et mon beau-père, le premier aux "Machines", le second sur la "Balance", suer leur "shift" sans jamais rechigner. Mon oncle Raoul travaillait sur la "Couleur" et mon oncle Fernand au "Magasin". Tous décédés. S'ils savent ce que j'ai vu cet après-midi, ils ne doivent pas le croire.
Suis allé ensuite revisiter la maison paternelle, Cinquième Avenue. Les érables du fond de cour ont tant vieilli! Je ne les oublierai jamais: car je les ai plantés avec mon père. Nous les avions volés sur la terre d'un simili-cultivateur de St-Félix... Ont à peu près cinquante ans maintenant. La ruelle existe encore, mais sans vie et sans avenir. La municipalité s'est débarassée des ruelles, il y a quelques années. Servent maintenant de stationnements pour les autos des propriétaires. Pour nous, c'était l'un de nos nombreux terrains de jeux. Oublie-t-on jamais les terrains de jeux de son enfance?
La maison du grand'père François a dû être vendue, car la longue galerie est maintenant bordée d'une clôture à barreaux qui ne cadre pas du tout avec l'architecture du lieu. L'ancêtre a dû tempêter... Il détestait son voisin à l'Isle-aux-Couldres et avait bâti sa maison de telle sorte qu'elle montrait son derrière au dit voisin.
J'en avais assez vu... Volontairement, j'ai reporté ma visite aux deux cimetières, de crainte...
Il me faudra désomais vivre de souvenirs, le moulin démantelé, les maisons ancestrales dénaturées, ma parenté disparue.
En moins de deux générations tout un monde s'est effondré. Réflexion sur le sens des mots éphémère et pérenne...
Je pense maintenant savoir pourquoi je ne me sens plus baieriverain.
Delhorno
samedi 22 mars 2008
OU M'ENTERRERONT-ILS?
Je n'aurais jamais crû devoir disserter sur ce point. L'affaire est devenue contentieux ce soir au souper. J'avais imaginé que, le moment venu, j'acquérerais au cimetière de mon choix le plus beau terrain disponible, que j'y ferais ériger une stèle d'inspiration romaine ou hellène en tenant compte de l'argent disponible et que finalement nous n'en reparlerions qu'au moment propice, c'est-à-dire celui où il serait trop tard pour que je puisse opiner... Je voyais les dépouilles de ma femme et de mes trois enfants s'empiler sur la mienne et perpétuer dans l'au-delà le "fardeau" qu'ils avaient été durant mon existence terrestre. Je n'avais évidemment pas tenu compte de mon gendre, ni de deux hypothétiques brus: ces étrangers, dans mon esprit, n'avaient pas voix au chapitre. Eh bien! Je devrai déchanter.
Encore une fois, j'ai été devancé par ma femme! Elle avait entamé le sujet avec sa soeur. Celle-ci, pour avoir épousé un anglophone ontarien, n'avait pas imaginé d'autre issue pour survivre dans l'au-delà que celle de reposer dans un minuscule cimetière de Codrington, c'est-à-dire au beau milieu de nulle part. Ma femme s'est vite insurgée contre une telle entreprise:
-Ta place est à mes côtés, avec Louis-Jos. et Rose-Ida, au cimetière de St-Alphonse!
Ma belle-soeur n'avait certainement pas prévu une telle opposition: il lui faudrait choisir entre son fils et son mari et sa petite soeur... Ses héritiers oseraient-ils une translation interprovinciale? Et William, accepterait-il de survivre seul à Codrington pour l'éternité? Car, une éternité, c'est long! La belle-soeur n'est pas la dernière venue... Elle annonça à sa cadette, il y a quelques jours, qu'elle avait concocté une solution susceptible de plaire à tout le monde:
-J'ai l'intention d'ajouter un codicille à mon testament. J'exigerai qu'on sépare mes cendres en deux portions. L'une des urnes restera à Codrington, l'autre prendra le chemin de St-Alphonse!
Ainsi donc, la belle-soeur acceptait d'être incinérée. Car l'autre option aurait difficilement permis une division en deux parties... Quoiqu'on aurait toujours pu alléguer que chaque cercueil contenait sa juste part...
Rapportant l'incident, ma femme me surprit en opinant fermement:
-En ce qui me concerne, je veux et j'exige qu'on enfouisse mes cendres à St-Alphonse, dans le terrain familial, avec celles de papa et maman. Je refuse obstinément d'aller à St-Edouard, dans le terrain des Delhorno, pour des raisons qui me tiennent à coeur. Je ne passerai pas l'éternité en compagnie d'étrangers!
Ma fille s'en trouva figée quelques instants. Ceci impliquerait des dérangements... Si la défunte décède à Montréal, il faudra faire l'aller-retour au Saguenay. Tout aurait été tellement plus simple si la future défunte avait accepté comme tout le monde d'être enterrée à Montréal, sur la montagne ou ailleurs. Mais ceci, elle eut la délicatesse de ne pas l'exprimer, ni vertement, ni ouvertement! Elle rétorqua simplement:
-Mais qu'allons-nous faire de papa, ton mari?
-Il viendra avec moi, à St-Alphonse!
C'en était fait de mes droits sur l'au-delà... Doutant de survivre à ma femme et mes enfants, j'ai vu s'écrouler mon rêve le plus porteur, celui de me prélasser à perpétuité dans ce nouveau cimetière qu'on a construit à la Baie, au bout du rang St-Jean. Je connais bien l'endroit pour y avoir fait du vélo une partie de ma jeunesse. La route a changé maintenant... Elle tourne vers le sud, vers Ferland et Boilleau, vers le pays de Menaud, vers la rivière Malbaie et le ruisseau du Cran Rouge. Qui sait? J'aurais peut-être pu, un soir de grandes ténèbres, enfourcher un vélocipède satanique et pédaler hors-la-loi entre les étoiles vers le "grand R'mous" de la rivière Malbaie, histoire d'y rencontrer Mutt ou le cousin Gaston... Ce sera certainement beaucoup moins drôle sur les hauteurs de St-Alphonse, où il n'a jamais fait beau et où il vente constamment. Sans compter que ma femme sera toujours là, à mes côtés, à grelotter et à me surveiller!
IL SUFFIT DE MOURIR POUR PERDRE LE CONTROLE DE SA DESTINEE...
Delhorno
Encore une fois, j'ai été devancé par ma femme! Elle avait entamé le sujet avec sa soeur. Celle-ci, pour avoir épousé un anglophone ontarien, n'avait pas imaginé d'autre issue pour survivre dans l'au-delà que celle de reposer dans un minuscule cimetière de Codrington, c'est-à-dire au beau milieu de nulle part. Ma femme s'est vite insurgée contre une telle entreprise:
-Ta place est à mes côtés, avec Louis-Jos. et Rose-Ida, au cimetière de St-Alphonse!
Ma belle-soeur n'avait certainement pas prévu une telle opposition: il lui faudrait choisir entre son fils et son mari et sa petite soeur... Ses héritiers oseraient-ils une translation interprovinciale? Et William, accepterait-il de survivre seul à Codrington pour l'éternité? Car, une éternité, c'est long! La belle-soeur n'est pas la dernière venue... Elle annonça à sa cadette, il y a quelques jours, qu'elle avait concocté une solution susceptible de plaire à tout le monde:
-J'ai l'intention d'ajouter un codicille à mon testament. J'exigerai qu'on sépare mes cendres en deux portions. L'une des urnes restera à Codrington, l'autre prendra le chemin de St-Alphonse!
Ainsi donc, la belle-soeur acceptait d'être incinérée. Car l'autre option aurait difficilement permis une division en deux parties... Quoiqu'on aurait toujours pu alléguer que chaque cercueil contenait sa juste part...
Rapportant l'incident, ma femme me surprit en opinant fermement:
-En ce qui me concerne, je veux et j'exige qu'on enfouisse mes cendres à St-Alphonse, dans le terrain familial, avec celles de papa et maman. Je refuse obstinément d'aller à St-Edouard, dans le terrain des Delhorno, pour des raisons qui me tiennent à coeur. Je ne passerai pas l'éternité en compagnie d'étrangers!
Ma fille s'en trouva figée quelques instants. Ceci impliquerait des dérangements... Si la défunte décède à Montréal, il faudra faire l'aller-retour au Saguenay. Tout aurait été tellement plus simple si la future défunte avait accepté comme tout le monde d'être enterrée à Montréal, sur la montagne ou ailleurs. Mais ceci, elle eut la délicatesse de ne pas l'exprimer, ni vertement, ni ouvertement! Elle rétorqua simplement:
-Mais qu'allons-nous faire de papa, ton mari?
-Il viendra avec moi, à St-Alphonse!
C'en était fait de mes droits sur l'au-delà... Doutant de survivre à ma femme et mes enfants, j'ai vu s'écrouler mon rêve le plus porteur, celui de me prélasser à perpétuité dans ce nouveau cimetière qu'on a construit à la Baie, au bout du rang St-Jean. Je connais bien l'endroit pour y avoir fait du vélo une partie de ma jeunesse. La route a changé maintenant... Elle tourne vers le sud, vers Ferland et Boilleau, vers le pays de Menaud, vers la rivière Malbaie et le ruisseau du Cran Rouge. Qui sait? J'aurais peut-être pu, un soir de grandes ténèbres, enfourcher un vélocipède satanique et pédaler hors-la-loi entre les étoiles vers le "grand R'mous" de la rivière Malbaie, histoire d'y rencontrer Mutt ou le cousin Gaston... Ce sera certainement beaucoup moins drôle sur les hauteurs de St-Alphonse, où il n'a jamais fait beau et où il vente constamment. Sans compter que ma femme sera toujours là, à mes côtés, à grelotter et à me surveiller!
IL SUFFIT DE MOURIR POUR PERDRE LE CONTROLE DE SA DESTINEE...
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